Rapport bockel: premières lectures

Deux premières analyses du rapport Bockel remis cette semaine.

Une de Laurent Mucchielli que l’on retrouve sur son site ainsi que sur Mediapart.
rapport bockel

Une de Christophe Daadouch
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les droits des usagers malmenés

Un entretien de C.Daadouch dans Lien social

Daadouch

L’Etat cherche à se désengager de la Protection de l’enfance

Il a fallu que l’État se fasse par deux fois condamner par le Conseil d’État pour qu’il se décide à mettre en oeuvre l’aspect financier de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance (dont l’article 27 institue un Fond national de financement de la protection de l’enfance). Au moment de son adoption, Philippe Bas, alors ministre délégué à la Famille, s’était engagé à ce que l’État et la CNAF dotent ce fonds de 150 millions d’euros afin de compenser les charges nouvelles pour les départements, notamment les observatoires départementaux et les cellules de recueil de l’information préoccupante.
Depuis 2007 : rien, sinon les 30 000 euros versés par la CNAF en 2007 comme prévu dans la loi. Et le 30 décembre 2009, le Conseil d’État condamnait l’État à verser au département de Saône-et-Loire la somme de 100 000 euros compensant la charge imputable à l’État depuis l’entrée en vigueur de la loi.
La haute juridiction administrative donnait également injonction au Premier ministre « de prendre les mesures réglementaires qu’implique nécessairement l’application de l’article 27 de la loi du 5 mars 2007 ». Ce qui fut fait avec le décret du 17 mai 2010, dont le contenu ne correspond toutefois pas à la commande du législateur.

* Lire la suite de cette chronique de Jean-Luc Rongé : Protection de l’enfance JDJ

Lire le Journal du Droit des Jeunes (http://www.droitdesjeunes.com/se_procurer_jdj.php)

Comprendre pour mieux prévenir le décrochage scolaire et l’absentéisme

Nicolas Sarkozy voudrait rendre « systématique » la suppression des allocations familiales en cas d’absence injustifiée à l’école. Comme d’habitude, le politique adopte la posture moralisatrice de dénonciation du « laxisme ». La réalité a peu à voir avec ce discours. Dans la vie quotidienne, l’absentéisme pose d’abord des problèmes de comptage puisque des retards de quelques minutes entraînent souvent des comptages de demi-journées d’absence. Ensuite, c’est un problème complexe qui fait appel à plusieurs facteurs : difficultés scolaires croissantes au cours de la scolarité, orientation inadéquates et/ou non souhaitées, mauvaise relation avec l’école ou bien avec certains enseignants ou d’autres élèves, nécessité de travailler hors temps scolaire pour subvenir à ses besoins… Bien souvent, les lycées ne sont pas des lieux de vie accueillants pour les adolescents (ni pour les adultes du reste), qui cherchent ailleurs des lieux de convivialité et trouvent l’extérieur de l’école bien plus attractif et apaisant que l’intérieur. Pour clarifier la question de l’absentéisme et du décrochage scolaire qu’il annonce parfois, il faut envisager tous les aspects de la question et non un seul, au risque de se tromper de cible. C’est ce que montre une récente recherche réalisée dans l’Académie de Paris.

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Laurent Mucchielli

Les dangers du retour à l’aune de la protection de l’enfance : la situation des mineurs roumains

Retour MIE infoMIE mars 2010

par l’association InfoMIE

L’exercice de l’autorité parentale dans le cadre du placement : un guide de l’ANESM

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Cette recommandation de l’ANESM a pour objectif de promouvoir des pratiques professionnelles basées sur une prise en compte réfléchie et articulée des dimensions juridique, affective, sociale, et institutionnelle, qui traversent l’exercice de l’autorité parentale dans le cadre du placement.

Elle s’adresse aux structures (établissements et services) accueillant des mineurs placés sur décision administrative ou judiciaire : accueil familial, pouponnières, foyers de l’enfance, maisons d’enfants à caractère social, lieux de vie, villages d’enfants, centres éducatifs renforcés, centres éducatifs fermés, centres de placement immédiat, foyer d’action éducative, etc.

Parentalité en exil

Le dernier numéro de la revue Rhizome est consacré à la parentalité en exil.
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Avec un article de Christophe Daadouch

La situation des ZUS est extrêmement préoccupante

La situation des ZUS est très préoccupante

Un article de Laurent Mucchielli

Appel pour la suppression du ministère de l’identité nationale

Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’immigration et de « l’identité nationale » a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité.
Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un « nous » national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique. Qu’a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27.000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité… Dans cette fissure de la république, se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi.

Nous ne sommes pas ici face à des « dérapages » individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un « débat » sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir co-auteurs et co-responsables du contrôle identitaire sur la France.
La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : « pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ? » La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun. C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République. Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce « ministère de l’identité nationale et de l’immigration », car il met en danger la démocratie.

Signataires :
Michel Agier (Anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (Philosophe, Université Paris X et University of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (Historienne, Université Paris X) Luc Boltanski (Sociologue, EHESS), Marcel Détienne (Historien, EPHE et Université Johns Hopkins), Eric Fassin (Sociologue, ENS), Michel Feher (Philosophe, Paris), Françoise Héritier (Anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (Astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (Sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (Historien, EHESS), Gérard Noiriel (Historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (Philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (Psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, Université d’Evry), Emmanuel Terray (Anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (Historien, CNRS), Paul Virilio (Urbaniste, École Spéciale d’Architecture de Paris), Sophie Wahnich (Historienne, CNRS), Patrick Weil (Historien, CNRS)

http://appel.epetitions.net/

Après la circulaire caviardée, la circulaire disparue

Les derniers rebondissements sur un site ami

http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2009/11/28/la-circulaire-identite-nationale-nest-plus-applicable-depuis-cette-nuit/

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