Base Elèves : les inquiétudes perdurent

Militants antisécuritaires et parents d’élèves adhérents de la FCPE, nous réaffirmons notre opposition au système de fichage « Base Elèves »


Par une note d’information en date du 1er février 2008, le service de communication de la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques (FCPE) du bureau national fait savoir qu’il ne s’associe plus aux organisations qui demandent le retrait du dispositif Bases Elèves dans les écoles du premier degré. Comme explication de cette décision, le texte met en avant un certain nombre d’engagements pris publiquement par le gouvernement et qui concernent en particulier les champs les plus critiqués de ce logiciel qui s’impose progressivement aux écoles. Plus curieusement, la fin du communiqué affirme une vigilance maintenue, qui tranche avec la confiance accordée aux déclarations gouvernementales citées auparavant. On peut à double titre se montrer très réservé sur l’opportunité d’une telle affirmation de confiance envers un dispositif dont la conception même pose problème, et ce particulièrement dans le contexte législatif et pénal que nous connaissons.

Comme parents d’élèves, comment comprendre que la FCPE, ne trouve plus rien à redire dans une entreprise de « gestion » des élèves dont la finalité est a minima la rationalisation des moyens et de procurer des outils efficaces à l’administration pour supprimer les classes (dès que les seuils ne sont plus atteints) , voire regrouper plusieurs écoles pour en abaisser les coups de gestion (ce qui va bientôt être possible avec la mise en place des EPEP).

Comment ne pas voir qu’en ces temps de désectorisation annoncée et programmée qui risquent d’accentuer la formation de nouveaux « ghettos », la mise à disposition pour l’administration de tels outils nominatifs de gestion ne risquent pas de rendre encore plus efficace un mouvement … que la FCPE dénonce par ailleurs

En tant que citoyens vigilants concernant les risques de fichages de groupes, familles, enfants par un logiciel, comment ne pas se rendre compte que la suppression de certains champs comme celui de la nationalité , ou l’effacement « possible » des champs de suivis éducatifs spécifiques et « des difficultés éducatives » ne diminue en rien la dangerosité du dispositif parce que :

  • Les champs supprimés sont contournables ; l’indication de l’établissement scolaire fréquenté précédent, comme le lieu de naissance, restant obligatoires, ces champs « visibilisent » toujours l’enfant primo arrivant en France ;
  • Les champs supprimés peuvent être rendus obligatoires du jour au lendemain sans modification de la base de données ; il suffira de ne plus autoriser la validation de l’inscription qu’une fois tous les champs remplis pour que le directeur ou la directrice, même en opposition ne puisse faire autrement que de le renseigner sans recours possible
  • Comment se féliciter du fait que des champs soient effaçables au bon vouloir de personnels ? Et comment croire qu’ils le seront du seul fait qu’ils peuvent (ou devraient) l’être ?
  • Comment croire sérieusement au non croisement des données des administrations locales et d’éducation nationale quand les lois récentes mettant en œuvre des mesures « éducatives » à l’encontre de familles jugées défaillantes, rendent au contraire nécessaire leur collaboration ? Comment y croire quand l’origine des données est souvent la même (les mêmes feuilles d’information) ;
  • Et surtout, comment croire que pourraient se développer en parallèle, sur une même commune, concernant les mêmes enfants et bien souvent de nombreuses données communes, des systèmes lourds de gestion sans lien entre mairies et académies, alors qu’une telle redondance constituerait à la fois un gaspillage financier énorme et une source d’erreurs perpétuelle ?

Faut-il au demeurant rappeler le contexte de la loi (5 mars 2007) de prévention de la délinquance aux termes de laquelle les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur « participent à la prévention de la délinquance » ? Faut-il préciser que les informations ainsi collectées pourront être transmises au maire en vertu de la même loi qui l’autorise à mettre en oeuvre un fichier où sont enregistrées les données à caractère personnel relatives aux enfants en âge scolaire domiciliés dans la commune fournies par la CAF, l’inspecteur d’académie et par le directeur ou la directrice de l’établissement d’enseignement.

Dans tous les cas, le véritable problème posé par Bases Elèves ne provient pas de l’intitulé des champs, ou de leur rédaction mais de la vision centralisatrice des informations nominatives qui ravale les enseignants et directeurs d’école au rang de simples opérateurs de saisie ; la grande modification apportée par ce logiciel est l’éloignement de l’information et de son traitement de l’école et dès lors la perte de contrôle, par les éducateurs, sur l’usage des données.

Plus inquiétante encore est cette vague de répression et de menaces qui s’abat actuellement sur les directeurs d’écoles élémentaires qui refusent de mettre en place ce dispositif ? Pénalités de salaires, menaces de destitution (alors que la fonction est déserte et souffre d’un manque de candidatures chronique) , l’administration semble attacher une importance bien peu raisonnable à l’imposition d’un système « sans retour. »

Dans ce contexte, nous appelons :

  • Tous les adhérents de la FCPE qui n’acceptent pas des pratiques antidémocratiques d’un autre âge à exprimer individuellement et collectivement (comités locaux et départementaux) auprès du bureau national (fcpe@fcpe.asso.fr) leur refus de valider un communiqué indiquant que la FCPE ne s’oppose pas à la mise en œuvre du logiciel « base élèves premier degré » alors que de nombreux adhérents sont engagés depuis des mois contre ce projet liberticide.
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Une Réponse

  1. Dans le cadre de la publication d’un texte à proprement parlé qui n’engage non pas la casi totalité d’un collectif à priori démocrate et citoyen qui devait en cela insiter une prise de conscience collective, je tiens par ce mémo à indiquer qu’en aucun cas ma contribution ainsi que celle d’autres membres du collectif n’ont été solliciter dans la conception et la rédaction de ce texte décryptant une potentiel situation politique de la ville de GRIGNY partisanne. Dés lors il nous est impossible de revendiquer un contenu partiale qui ne concerne qu’un point vue de l’esprit de celui qui la rédigé.

    Merci de publier ce rectificatif.

    PS : Il va sans dire qu’un déploiement de dispositif d’amménagement du territoire, d’une politique inscitant un développment économique, un déploiement de dispositif insufflant une rénovation urbaine structurelle et contemporaine d’une telle envergure ne peut qu’engager une évolution exposentielle du niveau sociale de la population de Grigny. Voila ce que une grande parti du Collectif du GEM peut penser à priori.

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