Du contrôle de la contestation à l’Education Nationale

Depuis quelques jours une information parcourt le web, transmise par les enseignants  entre eux. Un marché public à l’initiative du Ministère de l’Education Nationale passe commande vis-à-vis de tout opérateur potentiel d’une mission de surveillance de l’opinion concernant l’école, l’enseignement ; plus précisément, l’offre de marché détaille le type de « veille » recherché. Il s’agit de recenser les mouvements d’opinion, mais aussi tous les appels à des actions particulières comme la désobéissance, la démission, etc …

 

On trouvera ici le détail de ce marché public : http://www.fabula.org/actualites/documents/26772.pdf

 

    Dans les milieux enseignants, c’est la consternation ; la profession en en effet du mal à admettre l’idée qu’elle peut faire l’objet d’une veille des opinions et de la prise de parole publique de ses membres, par ailleurs bien présents sur Internet.

 

  Il est v rai que depuis des années, mais plus sûrement encore depuis les dernières élections présidentielles, la profession peine à se mobiliser dans des mouvements sociaux de grande envergue dont l’utilité est souvent contestée par les acteurs (compte tenu aussi  que l’accueil obligatoire des élèves pendant les grèves et l’obligation de se déclarer gréviste à l’avance ont récemment contribué à rendre encore plus aléatoire ce mode d’action) .

 

  Du coup, le « monde éducatif » et le débat politique et pédagogique ont massivement migré vers l’Internet, devenu un haut lieu d’échanges, de débats amis aussi de propositions d’action et d’appels en tout genre

(voir par exemple :   http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html )

 

  La migration de la contestation sociale en dehors des formes traditionnelles d’expression (syndicats, grève) vers des modes opératoires plus individuels  amène logiquement vers des propositions d’actions plus radicales comme le refus ou  la désobéissance. On comprend alors mieux l’empressement ministériel à les connaître, avant sans doute de les pénaliser plus directement et efficacement.

 

  L’éducation, déjà sous la pression et le coup de ce que l’on a qualifié de « police des caractères », (rapport de l’INSERM contesté par « pas de 0 de conduite… ») est-elle en train de constituer  progressivement un nouveau champ d’intervention pour une nouvelle police : celle des opinions (et de leur expression) ?

 

Laurent Ott, éducateur et enseignant

2 Réponses

  1. Absolument scandaleux et digne d’une dictature. C’est inacceptable.

    Diogene.

  2. Ca vous surprend tant que cela que l’Etat s’intéresse à ce qui se dit sur le sujet ?

    Avant de crier à la répression, attendez donc qu’il y en ait effectivement (vous risquez d’attendre longtemps, vu la protection dont bénéficient les fonctionnaires). Pour l’instant, vous faites surtout du procès d’intention et de la posture de victimisation !

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