Le « retour de l’antisémitisme »

Discours rituels autour du dîner annuel du CRIF

Lundi 2 mars avait lieu à Paris le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Constatant une forte hausse des actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur au début de l’année 2009, son Président, Richard Prasquier, y a déclaré que « L’antisémitisme est de retour » et que « aujourd’hui beaucoup de juifs en France ont peur », a relaté le lendemain matin l’ensemble de la presse écrite, des radios et des télévisions. Une fois de plus, l’on joue ainsi à effrayer l’opinion publique en agitant le fantasme d’un « retour » des horreurs du passé. Ces fantasmes et ces amalgames, qui durent depuis des années, sont pourtant facilement critiquables et l’on voudrait rapidement expliquer pourquoi.

Le « retour de l’antisémitisme »

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5 Réponses

  1. Il était temps que quelqu’un use de sa raison dans ce pays devenu un peu fou pour remettre les pendules à l’heure.

    Ce genre de déclaration -certes intelligente et courageuse car à contre-courant des déclarations médiatiques- peut causer de graves soucis à son auteur en France.

    Bon courage.

  2. Etant depuis de nombreuses années sensible à la triste situation des Palestiniens, je salue la franchise de cette étude. Le drapeau de l’antisémitisme est malheureusement trop souvent brandi dès qu’une critique de la politique d’Israel est formulée. Le plus triste est que ce sont souvent les Israeliens eux-mêmes qui usent de ce stratagème salissant ainsi le respect d’un passé douloureux.
    Je me permettrai une petite critique au niveau d’un terme de l’étude. En dernière page, on parle de la « reprise » de la politique de colonisation des territoires occupés: il ne s’agit pas d’une reprise car malheureusement la construction de logements n’a jamais cessé.

  3. Qu’on ne se méprenne pas. Il me semble que l’article démontre qu’il y a une construction du « retour de l’antisémitisme en France » qui ne correspond dans les faits à rien de concret : ni chiffre, ni faits, ni rien de tangible ou mesurable. C’est donc un fantasme.

    C’est assez différent à mon avis de ce que vous indiquez par : « Le drapeau de l’antisémitisme est malheureusement trop souvent brandi dès qu’une critique de la politique d’Israel est formulée ». Fait peut-être vrai, ou peut-être faux, mais sur lequel cet article de fond ne dit rien.

  4. Il y a un fait objectif dont ne tient pas compte Laurent Mucchielli, qui pourtant en tant que sociologue se doit d’essayer « objectiver les faits sociaux.
    Il n’est pas possible de renvoyer dos à dos les « mythologies et les émotions » des citoyens français de religion (ou de référence) juive et musulmans pour une simple raison c’est que les liens entre les citoyens de religion (ou de référence) juive et l’Etat d’Israël ou la société israélienne ne sont pas de même nature que les lien entretenus avec le conflit du Moyen orient et les droits des Palestiniens par les citoyens français de religion (ou de référence) musulmane… Bien que le statistiques n’existent pas on peut sans se tromper dire que 60 à 70%- peut-être plus – des citoyens français de religions juive ont des parents en Israël… et ce pourcentage augmente si l’on ajoute les relations amicales… alors que ce type de lien doit s’approcher de 0% pour les citoyens français de religion musulmane… Ce fait n’est jamais dit et c’est de cette façon que l’on construit une mythologie de l’équivalence entre deux populations (chacune hétérogène sur bien des points sauf sur celui-là).

  5. J’ai dû rater l’étude et ne peut donc réagir qu’aux réactions. J’ajouterais volontiers à ce que dit Perrine Warnier (mal lue par « groupeclaris », qui se sent attaqué quand on le complimente) que l’alignement du CRIJF, en même temps que d’un certain nombre de personnages médiatisés et/ou qui jouent un rôle important dans les médias, sur la politique d’Israël, joue un rôle important dans la confusion qui règne en France. Du coup on entend moins ceux qui, comme Vidal-Naquet naguère, et encore Edgar Morin, Rony Brauman et quelques autres, continuent à dire « pas en notre nom ! » Ce qui n’empêche pas d’avoir parents et/ou amis en Israël. A moins de nier les filtres idéologiques (avec les mythologies qui entourent les dénominations de groupes humains) il n’y a pas de raison d’établir, comme semble le faire J. P. Hassoun, une proportionnalité stricte entre réseaux d’amitié ou de parenté et attachement, affectif aussi bien qu’intellectuel, à une cause.

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