La violence des jeunes : nouvel ouvrage de L.Mucchielli et V Le Goaziou

En lien la couverture de ce livre

La couverture

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Suppression du défenseur des enfants ou suppression des enfants ?

Par Christophe Daadouch

défenseur des enfants

Les jardins d’éveil : à propos des propositions de Nadine Morano

Par Hubert MONTAGNER

Les jardins de Morano

L’efficacité de la vidéosurveillance reste à prouver

Un article de Tanguy Le Goff et Eric Heilmann

http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2009/09/24/L-efficacit%C3%A9-de-la-vid%C3%A9osurveillance-n-est-toujours-pas-prouv%C3%A9e

PJJ : une administration en souffrance

De nombreux articles font état d’une tentative de suicide d’une directrice départementale de la PJJ.

http://www.lepost.fr/article/2009/09/18/1702018_ministere-de-la-justice-en-pleine-reunion-la-directrice-de-la-pjj-se-jette-du-3eme-etage.html

http://www.mediapart.fr/club/blog/gepstein/190909/defenestration-pjj

http://mobile.lemonde.fr/societe/article/2009/09/18/l-etat-de-stress-des-personnels-de-la-protection-judiciaire-de-la-jeunesse_1242122_3224.html

Derrière le cas particulier c’est bien d’une administration en souffrance dont il s’agit. Lisons le témoignage de l’intéressé : Témoignage MMe KOKOZSKA 

En témoignent également les nombreux commentaires sur le site du Parisien. Nous plublions trois d’entre eux émanant de professionnels de la PJJ :

« Je fais partie de la multitude de jeunes en difficulté qui finalement ont été « sauvés » par l’existence de cette structure, qui n’est pas récente puisque je parle des années 1960. J’ai été dans un foyer de l’assistance publique, puis en maison maternelle, retour à l’assistance, puis (alors là je n’ai pas du tout aimé : « bon pasteur ») et j’y pense encore très souvent (j’ai 64 ans). Heureusement que ces établissements ont été fermés dans les années 70. Ces longues années d’enfermement m’ont ôtée ma jeunesse, mais m’ont permis d’avoir un métier, de reprendre mes enfants, d’avoir une vie difficile mais totalement normale. Je n’en remercierai jamais assez les juges et les acteurs sociaux qui ont toujours été bien avec moi. Monsieur Sarkozy, pourquoi faut il encore que vous détruisiez ses emplois et ces personnes ? signé : une ex-jeune « en danger moral « .

« La Protection Judiciaire de la Jeunesse est une administration du ministère de la Justice à vocation éducative en direction des jeunes les plus en difficultés. Créée en 1945, elle a pour but de mettre en oeuvre les ordonnances des magistrats. Initialement, ses prérogatives ne concernaient que la charge des mineurs et jeunes majeurs délinquants. Peu à peu elles se sont étendues aux autres jeunes en grandes difficultés qu’elles soient familiales, sociales, d’insertion ou psychologiques…. Car en effet on ne naît pas délinquant, on le devient ! Educatrice à la PJJ (qui s’appelait autrefois Education Surveillée) depuis une trentaine d’années, je peux témoigner du travail qui s’y fait en direction des jeunes et de leur famille. Tous les personnels de cette administration n’ont de cesse, avec acharnement, abnégation et un professionnalisme exceptionnel, de trouver des solutions pour sortir ces jeunes de leur galère et de des souffrances énormes dans lesquelles ils se débattent ; aider également leur famille à ne pas rompre le lien avec leur enfant mais au contraire reprendre toute leur place dans leur rôle et leur fonction parentale. La tâche n’est pas aisée. Mais les résultats sont là. Que nos technocrates interrogent ces jeunes et leur famille. Qu’ils interrogent les magistrats et les autres professionnels en charge de l’éducation dans ce pays ! Depuis l’élection de Sarkozy sur la base d’une politique sécuritaire à outrance à l’encontre de la jeunesse de ce pays et de mise au pas de cette même jeunesse, tout est fait pour casser les outils d’éducation : éducation nationale, petite enfance, prise en charge des jeunes les plus en difficultés… Les moyens (personnels, structures, outils) sont peu à peu retirés à la PJJ pour être essentiellement mis sur l’enfermement des mineurs et la répression ! ARRETONS LA CASSE DE LA JEUNESSE ! »

La souffrance dans le travail est insupportable. A la PJJ, en qualité de cadre, j’en ai fait les frais : harcèlement, stress, démotivation… qui m’ont conduit à des problèmes de santé physique. Il ne s’agit pas de problème de personne, mais bien de direction inadaptée et incompétente. Bon courage à ceux qui vivent encore et toujours ces moments et, si vous le pouvez, partez, comme moi et comme vous vous sentirez mieux ».

La situation est d’autant plus préoccupante que le projet de loi de réforme du droit pénal des mineurs découlant du rapport Varinard n’est pas encore voté. Or il ne pourra qu’accroître la pression sur les professionnels (raccourcissement des délais etc…) en limitant la part de l’éducatif dans les prises en charge des mineurs délinquants.

Manifestation autour des violences policières suite au décès d’Ali Ziri

Le décès d’Ali Ziri, retraité algérien décédé suite à des violences policières, donne lieu à de nouveaux rebondissements. Après le refus initial du procureur de la République d’enregistrer la plainte un juge d’instruction a été saisi et a diligenté une expertise qui établi les violences subies par le défunt. On lira avec intérêt l’expertise et on rejoindra la manifestation organisée le 11/09 à Argenteuil.

http://www.gisti.org/spip.php?article1689

2009-09-03_rassemblement-ziri-expertise

Rendre l’école aux enfants » un livre de Laurent OTT

« Rendre l’école aux enfants », Laurent OTT, éditions Fabert , 168 pages.

 Avant propos (extrait)

Alexandre Lewin, ancien éducateur ayant  travaillé avec Korczak, définissait ce dernier comme « un homme profondément impressionné par le destin des autres ».[1]

Je crois que l’on ne peut pas faire ce métier, que l’on ne peut pas s’intéresser à l’éducation, sans chercher à de comprendre la vie de l’autre.

Bien entendu, le mot destin est trop fort et je lui préfère pour ma part, le terme de «condition ».

Pour moi, être éducateur, ou enseignant, cela renvoie de toute façon à la nécessaire connaissance et découverte de la condition de l’enfant : « 

« Qui est-il ? », « Quelle est sa vie ? », « A quoi pense-t-il toute la journée ? », « Quels sont ses mots pour dire le Monde ?  »

L’école n’apprendra jamais rien à l’enfant si elle n’est d’abord le lieu où celui-ci peut concrètement faire l’expérience d’être connu, puis reconnu.

Pourtant, depuis plus de 20 ans, l’école a pris une autre direction : elle prend de moins en de temps dans la vie de l’enfant, menace de laisser de côté certaines tranches d’âge, se replie sur des savoirs qui,  pour se présenter comme « fondamentaux », n’en sont pas moins arbitraires, réduits et abstraits.

A force de parler d’évaluations nationales, de socle commun, de soutien individualisé, de luttes et de dépistages en  tout genre, des dangers dont les enfants seraient synonymes, on a perdu de vue que, à l’école, comme dans la société, l’enfant n’est pas un danger mais une richesse.

Une autre tendance lourde de l’école, tout au long du XXème siècle est l’abandon qu’elle met en œuvre du temps de l’enfant ; de moins en moins de jours d’école mais toujours aussi mal répartis, de moins en moins d’heures, des vacances pendant lesquelles  les enfants sont laissés dans un réel abandon, telle est l’évolution durable de l’école.

Ainsi l’école prend-t-elle de moins en moins de place dans la vie des enfants ; de ce fait, elle donne davantage d’importance à ce qui, se passe dans les deux autres temps de l’enfance à savoir le temps familial et le temps libre. Cette importance nouvelle accroît bien sûr les inégalités.

  Ainsi, nous sommes aujourd’hui confrontés à ceci,   que la principale source d’injustices,  de traitement et d’avenirs pour les enfants plonge ses racines aussi bien dans le temps scolaire, que dans le temps « hors scolaire »,  laissé en friche et à l’abandon.

Qui dira combien les enfants sont de moins égaux face à l’accès aux loisirs, à la culture, aux équipements éducatifs… Comment nombre d’entre eux sont relégués dans leur famille tandis que d’autres repoussent en permanence plus loin le nombre de leurs bénéfices ? Séjours à thèmes, de découverte d’aventure, linguistique, technologique, etc.… Pour les autres ce sera temps de rattrapage à l’école (réforme Darcos) … éventuel soutien scolaire, Programme de Réussite Éducative qui met leur famille sous contrat …et puis rien !

Plus récemment le mot « éducation » s’est retrouvé réhabilité dans les discours des ministres comme au sein de nombreuses salles des maîtres ou conférences pédagogiques ; il conviendrait de nouveau d’éduquer les enfants et surtout les jeunes, mais on se rend compte que l’éducation dont il est alors question se situe bien davantage du côté de la REEDUCATION.

Éduquer aujourd’hui comme on l’entend, c’est d’abord rééduquer l’enfant des habitudes néfastes de sa famille, de sa culture d’origine erronée et de ses mauvaises fréquentations.  Si d’aventure, on explique qu’éduquer c’est avant tout accueillir, faire de la place, accompagner, établir une relation de confiance… on suscite souvent le plus grand étonnement et le scepticisme.

Qui rappellera qu’éduquer c’est, avant toute chose, créer du lien ? Qui ajoutera que l’éducation d’abord un « don d’éducation » ? Une offrande obligée qui oblige à son tour et qui insère ce faisant chaque enfant dans l’humanité ?

Ayant eu l’occasion au cours de mon parcours professionnel d’exercer tour à tour comme éducateur spécialisé, instituteur, professeur d’école, directeur, animateur, formateur en travail social, j’ai été à la fois confronté à l’éparpillement, la déliaison, au manque de communication entre tous ces  professionnels… J’ai également constaté l’évidence de l’unité fondamentale de la fonction éducative.

Partout fait l’expérience qu’éduquer c’est à la fois créer du lien, transmettre, donner des limites, mais aussi soigner et transformer la réalité.

En tant qu’idée l’école, en effet l’école est éternelle, mais elle doit aujourd’hui se réinventer. Ce chantier bien entendu nous concerne car tous les anciens enfants, parents, professionnels sont des acteurs d’école.

  La meilleure voie, pour y parvenir passera par la compréhension que l’école doit être au service des besoins éducatifs, sociaux et affectifs des enfants ; il faut de ce point de vue « la leur rendre ».

 

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