PJJ : une administration en souffrance

De nombreux articles font état d’une tentative de suicide d’une directrice départementale de la PJJ.

http://www.lepost.fr/article/2009/09/18/1702018_ministere-de-la-justice-en-pleine-reunion-la-directrice-de-la-pjj-se-jette-du-3eme-etage.html

http://www.mediapart.fr/club/blog/gepstein/190909/defenestration-pjj

http://mobile.lemonde.fr/societe/article/2009/09/18/l-etat-de-stress-des-personnels-de-la-protection-judiciaire-de-la-jeunesse_1242122_3224.html

Derrière le cas particulier c’est bien d’une administration en souffrance dont il s’agit. Lisons le témoignage de l’intéressé : Témoignage MMe KOKOZSKA 

En témoignent également les nombreux commentaires sur le site du Parisien. Nous plublions trois d’entre eux émanant de professionnels de la PJJ :

« Je fais partie de la multitude de jeunes en difficulté qui finalement ont été « sauvés » par l’existence de cette structure, qui n’est pas récente puisque je parle des années 1960. J’ai été dans un foyer de l’assistance publique, puis en maison maternelle, retour à l’assistance, puis (alors là je n’ai pas du tout aimé : « bon pasteur ») et j’y pense encore très souvent (j’ai 64 ans). Heureusement que ces établissements ont été fermés dans les années 70. Ces longues années d’enfermement m’ont ôtée ma jeunesse, mais m’ont permis d’avoir un métier, de reprendre mes enfants, d’avoir une vie difficile mais totalement normale. Je n’en remercierai jamais assez les juges et les acteurs sociaux qui ont toujours été bien avec moi. Monsieur Sarkozy, pourquoi faut il encore que vous détruisiez ses emplois et ces personnes ? signé : une ex-jeune « en danger moral « .

« La Protection Judiciaire de la Jeunesse est une administration du ministère de la Justice à vocation éducative en direction des jeunes les plus en difficultés. Créée en 1945, elle a pour but de mettre en oeuvre les ordonnances des magistrats. Initialement, ses prérogatives ne concernaient que la charge des mineurs et jeunes majeurs délinquants. Peu à peu elles se sont étendues aux autres jeunes en grandes difficultés qu’elles soient familiales, sociales, d’insertion ou psychologiques…. Car en effet on ne naît pas délinquant, on le devient ! Educatrice à la PJJ (qui s’appelait autrefois Education Surveillée) depuis une trentaine d’années, je peux témoigner du travail qui s’y fait en direction des jeunes et de leur famille. Tous les personnels de cette administration n’ont de cesse, avec acharnement, abnégation et un professionnalisme exceptionnel, de trouver des solutions pour sortir ces jeunes de leur galère et de des souffrances énormes dans lesquelles ils se débattent ; aider également leur famille à ne pas rompre le lien avec leur enfant mais au contraire reprendre toute leur place dans leur rôle et leur fonction parentale. La tâche n’est pas aisée. Mais les résultats sont là. Que nos technocrates interrogent ces jeunes et leur famille. Qu’ils interrogent les magistrats et les autres professionnels en charge de l’éducation dans ce pays ! Depuis l’élection de Sarkozy sur la base d’une politique sécuritaire à outrance à l’encontre de la jeunesse de ce pays et de mise au pas de cette même jeunesse, tout est fait pour casser les outils d’éducation : éducation nationale, petite enfance, prise en charge des jeunes les plus en difficultés… Les moyens (personnels, structures, outils) sont peu à peu retirés à la PJJ pour être essentiellement mis sur l’enfermement des mineurs et la répression ! ARRETONS LA CASSE DE LA JEUNESSE ! »

La souffrance dans le travail est insupportable. A la PJJ, en qualité de cadre, j’en ai fait les frais : harcèlement, stress, démotivation… qui m’ont conduit à des problèmes de santé physique. Il ne s’agit pas de problème de personne, mais bien de direction inadaptée et incompétente. Bon courage à ceux qui vivent encore et toujours ces moments et, si vous le pouvez, partez, comme moi et comme vous vous sentirez mieux ».

La situation est d’autant plus préoccupante que le projet de loi de réforme du droit pénal des mineurs découlant du rapport Varinard n’est pas encore voté. Or il ne pourra qu’accroître la pression sur les professionnels (raccourcissement des délais etc…) en limitant la part de l’éducatif dans les prises en charge des mineurs délinquants.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :