Débattre de la justice des mineurs le 17 mai

Débat sur la Justice des mineurs le 17 mai 2010 à la mairie de Clichy (92) avec C.Daadouch du groupe Claris

http://www.ville-clichy.fr/images/upload/portfolio_img/PROG_semaine_citoyennete.pdf

Vaincre l’échec scolaire : une réaction du professeur Montagner au rapport de l’institut Montaigne

De même que, du point de vue de la justice, la question de l’enfance tend à ne plus être nommée comme telle (on préfère dorénavant parler de « mineurs »), la tournure des débats éducatifs concernant la place des enfants à l’école tend à se focaliser sur le terme « élève » au détriment de toute réflexion globale sur ce qu’est un enfant, en fonction de son âge et de ses conditions de vie.

La prise en compte des déterminations sociales et culturelles des enfants à l’école est souvent réduite à leur impact sur le « métier d’élève » et en particulier sur les questions de comportement et de réussite scolaire.

L’accumulation des déclarations, annonces de lois ou de mesures prenant pour cible le « décrochage scolaire » ou les comportements incivils à l’école viennent renforcer une lecture unique des difficultés des enfants à l’école: les enfants seraient inadaptés aux exigences et aux attentes d’une institution scolaire qui, du coup, est exemptée de toute réflexion sur les causes sociales et institutionnelles de ses propres difficultés.

Pourtant les indicateurs et les études ne manquent pas, qui rappellent une toute autre réalité : les écoliers français s’ennuient particulièrement à l’école et y sont plus souvent malheureux que leurs homologues européens. De même, ils y subissent des rythmes
particulièrement déséquilibrés avec des journées trop longues mais aussi des périodes de vacances inégales et contre-productives.

De même encore, la focalisation précoce sur les notes et les performances des enfants, telle qu’elle se pratique en France, est source de découragement et est improductive. Même chose pour le redoublement très français, souvent dénoncé, jamais vraiment limité, qui est source de découragement et d’échec.

Il est curieux, dans ces conditions, de constater que les discours des officines ou groupes de pression focalisés sur le thème du « déclin de l’école » et du « niveau scolaire », continuent obstinément d’ignorer ces réalités.

Le rapport de l’Institut Voltaire n’échappe pas à cette tradition conservatrice. La réponse du Professeur Montagner est de ce point de vue à la fois forte et pragmatique.

Le rapport de l’institut Montaigne : http://www.institutmontaigne.org/vaincre-l-echec-a-l-ecole-primaire-3179.html
La réponse du professeur Montagner : Lettre de Montagner à l’Institut Montaigne

Laurent Ott

L’efficacité de la vidéosurveillance en question

un dossier sur le site de Rue 89

http://www.rue89.com/2010/05/06/la-videosurveillance-coute-cher-pour-un-resultat-tres-limite-150418

Etats généreux pour l’enfance

Communiqué de presse

Paris, le 4 mai 2010

Les états (si peu) généraux de l’enfance ont vécu

Vive les états générEux pour l’enfance !

De très nombreuses organisations – collectifs, associations, syndicats – se sont rassemblées pour lancer des états générEux pour l’enfance : elles estiment de leur responsabilité de dresser un bilan complet des politiques gouvernementales concernant les enfants[1]. Fortes de leurs propositions, elles les rassemblent pour jeter les bases d’une politique nationale globale et positive POUR l’enfance en France, conforme aux engagements de notre pays depuis bientôt vingt ans qu’il a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. Elles entendent constituer ainsi un Cahier de doléances en faveur de la cause des enfants et appellent à une grande journée d’information et de mobilisation le 26 mai prochain : une conférence de presse se tiendra à 11 heures en présence de plusieurs personnalités qui soutiennent cette initiative, suivie d’un Forum des « états GénérEux pour l’enfance », dès 16h30.

La France : mauvais élève des droits de l’enfant

En juin 2009, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’est en effet montré, dans ses observations finales, particulièrement sévère avec la France face à ce qu’il convient d’appeler une non-politique de l’enfance. Nombre de mesures gouvernementales tournent le dos à une véritable politique nationale cohérente POUR l’enfance, pensée dans l’intérêt et le respect des droits de tous les enfants, de leurs familles et à l’écoute des professionnels et associations qui les accompagnent. Pire, des violences sont exercées par l’Etat lui-même et les institutions sur les enfants. Tandis qu’est occulté le sort réservé en France à de trop nombreux enfants en situation de grande vulnérabilité et que sont ignorées les propositions des associations et collectifs d’enfants, de familles et de professionnels qui représentent des capacités importantes d’amélioration du sort des enfants, pour le bien de la société toute entière.

La jeunesse : un problème pour notre société ?

Les états généraux de l’enfance, mis en place en février par le secrétariat d’Etat chargé de la famille (et qui achèvent actuellement leurs travaux), loin de s’intéresser aux observations du Comité et de relever le défi d’une réelle amélioration de la situation des enfants en France, sont une nouvelle illustration des politiques erratiques et sectorielles du gouvernement qui procèdent toujours d’une même logique illusoire, contreproductive et néfaste pour les enfants et la société toute entière : présenter la jeunesse comme un problème pour la société, rendre les familles seules responsables des difficultés de leurs enfants, prétendre que par la contention, la mise à l’écart de ceux qui posent problème, la technique du bâton et le contrôle des comportements, on protégera la société.

Aussi les organisations investies dans les états générEux invitent-elles les jeunes, les familles, les professionnels de l’enfance, les citoyens, les médias et les élus de la République à assister – en présence de nombreuses personnalités – au grand Forum des états générEux pour l’enfance, qui se tiendra le mercredi 26 mai à partir de 16h30 et jusque dans la soirée au jardin des Tuileries devant le Jeu de paume

Une conférence de presse sera organisée en amont du rassemblement, le 26 mai, à 11 heures, en présence de plusieurs personnalités qui soutiennent cette initiative.

Le Cahier de doléances en faveur de la cause des enfants y sera rendu public ; il sera adressé par lettre ouverte au président de la République avec demande d’audience, et présenté aux groupes parlementaires ainsi qu’aux représentants des Associations d’élus locaux.

Ce Forum des états générEux appelle une large mobilisation de tous ceux à qui la cause des enfants et de leurs familles importe dans ce pays, pour donner le coup d’envoi d’une « révolution tranquillement radicale » pour tous les enfants en France : « l’humanité se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même » énonçait la Déclaration des droits de l’enfant de 1959 : commençons par appliquer ce principe dans notre pays !

Site : http://etatsgenereuxpourlenfance.blogspot.com/

Contact : etats.genereux.enfance@gmail.com

Comprendre pour mieux prévenir le décrochage scolaire et l’absentéisme

Nicolas Sarkozy voudrait rendre « systématique » la suppression des allocations familiales en cas d’absence injustifiée à l’école. Comme d’habitude, le politique adopte la posture moralisatrice de dénonciation du « laxisme ». La réalité a peu à voir avec ce discours. Dans la vie quotidienne, l’absentéisme pose d’abord des problèmes de comptage puisque des retards de quelques minutes entraînent souvent des comptages de demi-journées d’absence. Ensuite, c’est un problème complexe qui fait appel à plusieurs facteurs : difficultés scolaires croissantes au cours de la scolarité, orientation inadéquates et/ou non souhaitées, mauvaise relation avec l’école ou bien avec certains enseignants ou d’autres élèves, nécessité de travailler hors temps scolaire pour subvenir à ses besoins… Bien souvent, les lycées ne sont pas des lieux de vie accueillants pour les adolescents (ni pour les adultes du reste), qui cherchent ailleurs des lieux de convivialité et trouvent l’extérieur de l’école bien plus attractif et apaisant que l’intérieur. Pour clarifier la question de l’absentéisme et du décrochage scolaire qu’il annonce parfois, il faut envisager tous les aspects de la question et non un seul, au risque de se tromper de cible. C’est ce que montre une récente recherche réalisée dans l’Académie de Paris.

QP_03_2010

Laurent Mucchielli