Les mineurs étrangers isolés : source d’angoisse et même de maladie

Ne négligeons pas la santé physique et mentale de nos travailleurs sociaux. Cet enseignement d’une réelle acuité n’est certes pas nouveau mais a fait l’objet de réflexions et pistes d’action du ministère de la Famille à l’occasion des Etats généraux de l’enfance.
La fiche action n°34 se nomme ainsi : « Pour lutter contre le burn out des travailleurs sociaux : un repositionnement professionnel ». (http://www.etatsgenerauxdelenfance.famille.gouv.fr/IMG/pdf/annexe-rappotatel2.pdf).

Les encyclopédies en ligne aident le non familier de cet anglicisme à comprendre qu’il s’agit « d’un syndrome d’épuisement professionnel (….) caractérisé par un ensemble de signes, de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel ». Ce syndrome de burn out est, lit-on, consécutif « à l’exposition à un stress permanent et prolongé », « aux confrontations répétées à la douleur ou à l’échec » et touche les « professions « aidantes ».

Ce qu’aucune encyclopédie en ligne n’aide par contre pas à comprendre c’est le lien entre le titre de la fiche action (le burn out) et son contenu. On y parle en effet exclusivement du droit des mineurs étrangers isolés, de l’amélioration de leur prise en charge, de modules linguistiques et de la mise en place de référent dédié au sein des établissements de placement d’enfant.
Alors deux choses l’une. Soit l’un des scribes du ministère de la Famille –probablement lui-même en difficultés médicales- a mélangé les fiches au moment de la restitution de la table ronde, et dans ce cas un bon suivi s’impose.

Soit, et c’est plus inquiétant les mineurs étrangers isolés seraient une telle source d’angoisse dans les équipes sociales qu’ils provoqueraient «des modifications morphologiques, fonctionnelles ou biochimiques de l’organisme du sujet atteint », pour reprendre des diagnostics fréquemment observés lors du burn out. Et là du coup ce n’est plus un suivi qui s’impose mais plutôt un éloignement. Ne négligeons pas la santé de nos professionnels disais-je en introduction !

Christophe Daadouch

La comparution immédiate des mineurs : une rupture idéologique, un recul judiciaire

Par Christophe Daadouch

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L’Etat cherche à se désengager de la Protection de l’enfance

Il a fallu que l’État se fasse par deux fois condamner par le Conseil d’État pour qu’il se décide à mettre en oeuvre l’aspect financier de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance (dont l’article 27 institue un Fond national de financement de la protection de l’enfance). Au moment de son adoption, Philippe Bas, alors ministre délégué à la Famille, s’était engagé à ce que l’État et la CNAF dotent ce fonds de 150 millions d’euros afin de compenser les charges nouvelles pour les départements, notamment les observatoires départementaux et les cellules de recueil de l’information préoccupante.
Depuis 2007 : rien, sinon les 30 000 euros versés par la CNAF en 2007 comme prévu dans la loi. Et le 30 décembre 2009, le Conseil d’État condamnait l’État à verser au département de Saône-et-Loire la somme de 100 000 euros compensant la charge imputable à l’État depuis l’entrée en vigueur de la loi.
La haute juridiction administrative donnait également injonction au Premier ministre « de prendre les mesures réglementaires qu’implique nécessairement l’application de l’article 27 de la loi du 5 mars 2007 ». Ce qui fut fait avec le décret du 17 mai 2010, dont le contenu ne correspond toutefois pas à la commande du législateur.

* Lire la suite de cette chronique de Jean-Luc Rongé : Protection de l’enfance JDJ

Lire le Journal du Droit des Jeunes (http://www.droitdesjeunes.com/se_procurer_jdj.php)

Chiffres invérifiables, amalgames et contre-vérités sur les Roms

Un article de Laurent Mucchielli.

Manipulation sur les Roms

Nous confirmons son analyse sur le caractère invérifiable des chiffres avancés. Une étude poussée pourrait au demeurant montrer un excès de pénalisation de la délinquance des roumains. Le classement sans suite ou les alternatives aux poursuites sont probablement peu utilisés à leur égard. Il faut dire que leur éloignement du territoire suppose une atteinte à l’ordre public, et en vérité une condamnation, pour être validé par les tribunaux administratifs. CQFD.
C.Daadouch

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